Le Premier Mai et la Commune appartiennent aux travailleurs !


Le Premier Mai et la Commune

appartiennent aux travailleurs !

« Avoir pour patrie le monde et pour nature l’Humanité »
– Victor Hugo –

Camarades, Amis et Citoyens,

Le Cercle de Libre Pensée – Kring voor het Vrije Denken (CLP-KVD) apporte son salut aux organisations syndicales indépendantes issues du mouvement ouvrier démocratique en ce premier jour du mois de mai.

Pour certains, le mois de mai c’est le « mois de Marie ». Marie, est cette dame censée être née d’une parthénogenèse (naissance sans fécondation) et elle-même parthénogénétique, ce qui voudrait dire que le clonage humain remonte au premier siècle de notre ère. Notons que ce dogme, dit de l’Immaculée Conception, n’a été proclamé qu’en 1854 par un dénommé Giovanni Ferretti, un pape qui n’était pas encore réputé infaillible. Le droit de croire à ce genre de carabistouilles est partie intégrante de la démocratie. Le fait de ne pas l’imposer à tout le monde aussi. 

Pour le CLP-KVD, partie prenante du mouvement ouvrier démocratique et indépendant, opposé par principe à l’exploitation de l’homme par l’homme, le mois de mai a une tout autre signification : si ce n’est pas le mois des cerises, c’est le mois de la lutte des classes.

Le premier mai, celui de la journée internationale des travailleurs, fait partie du calendrier de la Libre Pensée.

Le Premier mai, c’est un jour de grève et de manifestations, bien loin dans son esprit de l’abominable « fête du Travail » instaurée par les réactionnaires – tels Mussolini, Hitler, Pétain, Eltsine– pour mieux tromper les masses. Cette journée de grève et de revendications n’étant pas du goût de l’Église catholique, Eugénio Pacelli, dit Pie XII fit du 1er mai la fête de Joseph, le père présumé d’un incertain Jésus. Il est à noter que le Premier mai n’a jamais été restauré dans son objet initial, ni par des gouvernements dits de « gauche », ni par les journalistes aux ordres, ni par certaines organisations dites « syndicales ».

Le Premier mai prend son origine dans le « moving day » lancé en 1884 par le congrès des syndicats américains pour obtenir la journée de 8 heures. Il fut ensuite désigné « Journée internationale des travailleurs » par la IIe internationale. De nombreux Premiers Mai ont été noyés dans le sang par la réaction dans un certain nombre de pays. Les morts de Roux, de Carnières, de Seraing… en 1886, de Fourmies (bourgade du nord de la France) le 1er mai 1891 vont enraciner le Premier mai dans la tradition de lutte des ouvriers et ouvrières.

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Camarades, Amis et Citoyens,

La Commune de Paris appartient
au Mouvement ouvrier démocratique

Mais le mois de mai, c’est aussi la Commune de Paris, première République ouvrière de l’Histoire !

En 72 jours, le gouvernement ouvrier du peuple, par le peuple et pour le peuple promulguait des décrets révolutionnaires, qui vont préfigurer les conquêtes futures et ouvrir le chemin aux peuples du monde entier. A titre d’exemples, la Commune de Paris a interdit le travail de nuit, a fondé l’École Publique laïque, gratuite pour les filles comme pour les garçons, a décrété la stricte Séparation des Églises et de l’État, a ouvert l’accès aux responsabilités politiques pour les étrangers au nom de la « République universelle », conforté l’idée de l’égalité femme-homme, a affirmé le droit des catégories populaires à la culture…

C’est la mémoire et les réalisations des Communards qui ont payé de leur vie leurs idéaux émancipateurs que nous honorons également aujourd’hui.

Hier, comme aujourd’hui

Les tenants du capitalisme et de l’Église, des Églises, entendent détruire tous les conquêtes sociales. Au nom de l’emploi, disent-ils ! Comment ne pas se révolter lorsque les libertés démocratiques disparaissent au nom de la lutte contre, la grande criminalité, le terrorisme, la pandémie et que le seul avenir offert à la jeunesse sont des emplois ubérisés ou de s’engager dans les forces de répression ? Comment ne pas être indignés, quand à l’instar de ce qui se fait au niveau de l’Union Européenne, le gouvernement consulte les forces spirituelles réunies au sein d’un Conseil de Dialogue ?

Instrumentalisant la pandémie qu’ils sont incapables de juguler et d’en protéger la population, car ils ont liquidé depuis les années 80 des pans entiers du service public hospitalier, les gouvernements s’en prennent aux acquis sociaux des salarié.es pour répondre aux exigences du patronat. A tel point, que les personnels de l’enseignement ont rappelé que l’École publique n’avait pas vocation à être la garderie de la Fédération des entreprises belges (FEB) et de ses satellites.

Pour cacher l’assassinat planifié du service public hospitalier aux conséquences meurtrières, pour s’exonérer de ses responsabilités, les gouvernements visent, au nom d’un pseudo « bien commun », d’une « Union nationale », à transformer les syndicats ouvriers indépendants en instruments des contre-réformes.

Comment ne pas voir que ces manœuvres visent à camoufler l’indéniable responsabilité des gouvernements successifs dans les ravages de cette pandémie ? Comment ne pas voir le caractère profondément corporatiste et antidémocratique de ses manœuvres ? Comment ne pas voir que ce qui apparaît au grand jour c’est le cœur même du système capitaliste : le profit. Nous sommes bien dans « les eaux glacées du calcul égoïste » dont nous parlait Marx. Ce contre quoi, les Communards se sont battus.

Aujourd’hui comme hier, c’est l’esprit de la Commune qui s’exprime. Les pavés de nos villes résonnent de la colère ouvrière, des pas de la jeunesse, et de leurs organisations.

Camarades, Amis et Citoyens,

Être fidèle au combat des Communards, c’est être aux côtés de toutes celles et de tous ceux qui refusent la destruction de ce qui a été construit par nos aînés pour un monde meilleur et plus éclairé. Être fidèle à la Commune de Paris, c’est refuser « l’union nationale », et défendre les acquis sociaux, syndicaux, démocratiques, c’est aussi mener le combat inachevé en Belgique pour une stricte Séparation des Églises et de l’État, des Églises et de l’École publique.

 

 

Tel est le combat de la Libre Pensée !

Vive la Commune !

Ni dieu, ni maître !

A bas la Calotte et vive la Sociale !

Bruxelles, 30 avril 2021