L’ouvrage de Franck Frégosi est remarquable par sa précision et un formidable outil pour comprendre et, comme on ne pense jamais pour rien, pour agir aussi. Lecture plus que recommandée pour qui cherche à comprendre.
Sans flatterie aucune, cet ouvrage est remarquable et je pense qu’il va devenir incontournable pour celles et ceux qui s‘intéressent à la question de l’Islam en général et de son « organisation » en France. Il détaille avec précision les structures de l’Islam, ses intervenants, les questions posées et le rôle du Pouvoir (quel qu’il soit) dans les vaines et stupides tentatives « d’organiser l’Islam en France » pour en faire un « Islam de France », alors que le réalisme, allié à la Démocratie et à la Laïcité, ne pourra jamais déboucher – au mieux – que sur la reconnaissance du Fait Musulman en France et non de France.
Tous les gouvernements (de Droite comme de « Gauche ») ont essayé d’instituer une organisation du Culte musulman et tous ont échoué et tous échoueront dans le futur. L’ouvrage le montre bien, c’est l’impossible quadrature du cercle. Cela rejoint totalement l’analyse de toujours de la Libre Pensée, il n’y a pas UN culte musulman, mais DES cultes musulmans. Y interfèrent non seulement des sensibilités religieuses différentes et très opposées, mais aussi des pays différents et concurrents, sans compter les enjeux de pouvoir inhérents à toute structure dite « représentative » et les querelles de personnes qui ne sont pas rien dans tout ce fatras gouvernementalo-religieux.
Pour voir la mosaïque contrastée de ce qu’est l’Islam, en France comme ailleurs, sur la question du voile, selon telle ou telle lecture du Coran, certains théologiens sont pour tout cacher et d’autres pour ne pas tout montrer, ce qui, sur le terrain, ne donne pas du tout la même chose. Les Salafistes refusent toute incursion dans le champ politique, contrairement aux Frères musulmans qui ont avant tout un projet politique. Certains Musulmans (les « coranistes »), certes minoritaires, ne reconnaissent que le Coran et non les hadiths et la Sunna (interprétations du Coran), ils ont la même conception que les Protestants pour la libre interprétation du « Livre Saint ».
Certains distinguent, et d’autres non, la fatwa positive et la fatwa négative, d’autres ajoutent la fatwa institutionnelle qui ne concerne que l’individu et non la communauté. La fatwa négative (non réponse) peut conduire à des contre-fatwas qui rendent caduques d’autres fatwas.
Il y aussi la Figh al-aqalîyyât (jurisprudence des minorités) qui traite de la situation légale des minorités musulmanes vivant en dehors du monde musulman qui accepte l’adaptation de l’Islam et de sa pratique au droit commun des sociétés, notamment occidentales, dans lesquelles vivent ces Musulmans. Au vu de cette diversité multiple, comment unifier tout cela dans un seul Culte ? Il ne reste alors que la voie autoritaire pour essayer d’imposer une vision unique pour n’avoir qu’un « Culte Musulman DE France ».
Tour à tour, le Pouvoir essaya la solution algérienne, puis marocaine, puis à nouveau algérienne, avec un soupçon de Turquie et un zest d’Arabie saoudite et de Qatar. Le cocktail est explosif. Le cours actuel de la Macronie contre l’Algérie et de séduction du Maroc à propos du Sahara occidental va encore compliquer les tentatives et pulvériser la volonté du Pouvoir d’avoir un interlocuteur. Mais ce n’est pas n’importe quel interlocuteur qui est recherché, pas un représentant des Musulmans vis-à-vis du gouvernement, mais un domestique subsidié représentant le gouvernement auprès des « Musulmans ».
Ce n’est pas rien que toutes les tentatives soient pilotées par le Ministère de l’Intérieur, c’est-à-dire par la police, car le « Musulman » est présupposé « terroriste » par nature et par essence. Je me souviens de l’avoir dit naguère avec force et vigueur dans un débat organisé par la municipalité de Lens dans le Pas-de-Calais, à Dalil Boubakeur, qui n’avait pas du tout apprécié qu’on le traite « d’agent de police », car c’est quand même un peu de cela qu’il s’agissait. Le public, dans lequel il y avait visiblement beaucoup de gens originaires du Maghreb de plusieurs générations et plein de jeunes, barbus ou non, femmes voilées ou non, en djellabah ou en Lewis, avait beaucoup ri et apprécié ma prestation de Libre Penseur, au grand dam du Recteur de la Grande Mosquée de Paris qui, lui, ne riait pas.
Un concordat laïc avec l’Islam ?
Tous les gouvernements, se prenant pour Napoléon 1er la main dans le gilet, veulent rééditer le « coup de Bonaparte » avec la religion israélite : imposer par la force la suppression d’éléments religieux qui ne lui plaisaient pas dans la Thora et le Talmud et dans l’exercice de culte. Ce qui était possible en 1808 avec le Judaïsme ne peut l’être aujourd’hui avec l’Islam pour les raisons évoquées ci-avant : une multitude de cultes et l’ingérence de beaucoup de pays « arabes », ce qui n’était pas le cas pour le Judaïsme, qui ne pouvait pas avoir une dimension diplomatique et pour cause, aucun pays n’aurait pu le faire à l’époque.
C’est la tentation concordataire permanente. Rappelons qu’un Concordat est un accord diplomatique entre la Cité du Vatican, dénommé pour la circonstance « Saint-Siège » et, quoiqu’on en pense, du fait de l’organisation de l’Église Catholique, supranationale, centralisée hiérarchiquement et autoritaire, il y a bien un interlocuteur possible. Dans le cas de l’Islam, c’est une auguste fadaise que d’envisager une telle chose, le « Concordat musulman » est une chimère à derrière laquelle tous les gouvernements courent e sans jamais
avoir le moindre espoir de la rattraper.
Tout cela est remarquablement démontré par l’auteur qui remarque aussi tous les vices d’un tel impossible projet. C’est un véritable régal à découvrir. Rien ne me semble oublié, et au passage les « islamologues professionnels » à la botte du Pouvoir (et qui en vivent bien) en prennent largement pour leurs grades.
Pour compléter l’ouvrage et pour rire un peu (beaucoup), je vous conseille de regarder cette parodie hilarante de CNews sur l’Imam Hassen Chalghoumi, c’est plus vrai que nature et à peine exagéré.
Franck Frégosi présente avec force détails les différents « personnalités » qui jouent dans la même cour et qui courent pour attraper le Mickey des décorations officielles et des subsides, officielles ou pas. Tout est bon à prendre pour eux. Il fait aussi un descriptif des forces politiques et « associatives » qui agissent sur une ligne totalitaire et xénophobe et pseudo-laïque, comme le Printemps Républicain et la galaxie de tous ceux qui ne représentent rien et qui s‘agitent d‘autant plus pour faire croire le contraire. Les génies de village autoproclamés veulent faire dire à la Laïcité et à la loi du 9 décembre 1905 strictement le contraire de leurs principes de liberté et qui parlent du « Code la laïcité » pour faire en fait un nouveau Code pénal toujours plus répressif.
L’auteur pose la véritable question centrale : est-ce à une République dite « laïque » d’organiser une religion ? Dès le point de départ, l’échec est inévitable pour cela : « Quelle est l’efficacité d’une telle politique, contradictoire avec les principes de laïcité pourtant mis en avant ? Ne serait-il pas temps d’accorder un rôle aux Imams, hommes de terrain jamais consultés ? Et au Culte une indépendance d’organisation dont bénéficient les autres religions ? »
Des contradictions permanentes
L’auteur montre en détail que pour l’organisation d’un « Culte musulman », les tentatives vont toujours du haut vers le bas, et jamais du bas vers le haut. Jamais non plus les Imams n’ont été conviés aux discussions et les fidèles ont encore moins voix au Chapitre. C’est le modèle catholique qui est promotionné. Le « Concordat musulman » est donc tout à la fois vertical, autoritaire, antilaïque et antidémocratique, et là véritablement, par nature et par essence. Il n’a donc aucune chance de voir le jour.
L’auteur montre aussi très bien la valse-hésitation du Pouvoir qui, un jour, favorise une « organisation de l’Islam » très centralisée et verticalement, et qui, l’autre jour, la tente « à l’horizontale » par région, sans jamais obtenir quelque chose et dont on peut appliquer la formule de Clémenceau : « c’est une politique qui ne satisfait personne et qui énerve tout le monde. » À croire que Rochefort avait aussi raison : « La France est un pays qui compte des millions de sujets sans compter les sujets de mécontentements », et avec toutes ces tentatives vouées à l’échec, il n’en manque pas. La tentative d’un Islam organisé à « l’horizontale » par la création de Comités Départementaux du Culte Musulman va déboucher sur la constitution d’à peine une vingtaine de structures sur 101 départements.
Les ministres des gouvernements ne pourront jamais prendre le pas sur les « ministres du culte » en matière religieuse, on ne peut mélanger l’eau et l’huile. Pourtant, plus l’impossibilité théorique et pratique se manifeste dans un tel projet, plus les gouvernements haussent le ton et répriment de plus en plus. C’est à cette aune-là qu’il faut comprendre les rodomontades sur la fin « de l’Islam consulaire », ce qui restera longtemps un vœu pieu, car « E pur si muove ! » (Et pourtant, elle tourne, Galilée à son procès par l’Inquisition).
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans le Rapport parlementaire issu du Sénat en 2016, il est indiqué que le Maroc verse annuellement 6 millions d’euros pour financer la pratique de l’Islam en France, l’Algérie : 4 millions, l’Arabie-Saoudite : près de 4 millions, la Turquie salarie 151 assistants-Imams, l’Algérie : 120, le Maroc : 30 et l’Arabie-Saoudite : 5. La Grande Mosquée de Paris reçoit annuellement 2 millions d’euros. Qui peut croire que les coups de menton d’Emmanuel Macron vont remplacer cette manne financière ?
La folie furieuse de Gabriel Attal sur l’interdiction de l’Abaya n’est qu’une posture médiatico-politique. Là aussi, depuis quand une République dite « laïque » détermine ce qu’est un vêtement religieux pour le prohiber ? Rappelons ce que disait Aristide Briand à l’Assemblée nationale lors du débat parlementaire sur la Séparation, l’un des Pères de la loi de 1905 avec Ferdinand Buisson et Jean Jaurès, les trois étant Libres Penseurs : « Messieurs, au risque d’étonner l’honorable M. Chabert, je lui dirais que le silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique, qui paraît le préoccuper si fort n’a pas été le résultat d’une omission mais bien au contraire d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que ce serait encourir, pour un résultat problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule (Applaudissements et rires au centre et à droite), que de vouloir, par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes l’obligation de modifier la coupe de leurs vêtements.
Je ferais du reste, observer à l’honorable M. Chabert que le problème n’est pas aussi simple ni aussi facile à résoudre qu’il semble le supposer. Ce que notre collègue voudrait atteindre dans la soutane, c’est le moyen qu’elle procure de se distinguer facilement des autres citoyens. Mais la soutane une fois supprimée, M. Chabert peut être sûr que, si l’Église devait y trouver son intérêt, l’ingéniosité combinée des prêtres et des tailleurs aurait tôt fait de créer un vêtement nouveau, qui ne serait plus la soutane, mais se différencierait encore assez du veston et de la redingote pour permettre au passant de distinguer au premier coup d’œil un prêtre de tout autre citoyen. » Tout était dit et pour longtemps.
Il en est de même de la loi du 24 août 2024 dite « loi Séparatisme », qui s’allie et complète dans le même temps, la loi « Sécurité globale », toutes deux lois liberticides : « Il forge une chaine et l’appelle Liberté » (Victor Hugo en 1850 contre la loi du Vicomte de Falloux qui livrait l’Enseignement public au Clergé catholique). Comme je l’écrivais à propos d’un autre ouvrage sur « la loi Stasi, 20 après », la loi « Séparatisme », dont la loi « Stasi » ne fut que les prolégomènes, a fait bouger les lignes, car la loi de 2021 est une loi de Sécularisation forcée de l’Islam. L’objectif est clairement fixé : faire disparaître du paysage collectif et privé toute présence de l’Islam et surtout des Musulmans, qui sont relégués, par « nature et par essence », à la portion congrue à la Table de la République.
Sur fond d’un lourd passé colonial
C’est une loi totalitaire et xénophobe. Les étrangers peuvent être présents en France, à condition qu’ils disparaissent en tant que tel. C’est une loi de survivance du colonialisme où « l’indigène » avaient une injonction permanente : « être comme les maîtres colonisateurs ou n’être rien ». C’est ce que démontre avec une très grande clarté Olivier Lecour Grandmaison dans son ouvrage de 2024 Racisme d’État, État raciste – Une brève histoire. Comment alors s’étonner que les colonisés, se libérant, leur aient renvoyé l’ascenseur par « la valise ou le cercueil ». On ne récolte que ce que l’on a semé.
Tout comme la formule sur le Régime de Vichy, le « temps béni des colonies » est un passé qui ne passe pas. La Réaction et les Réactionnaires qui veulent éradiquer l’Islam et les Musulmans de notre « beau pays et douce France » sont animés par un racisme et une xénophobie au goût certain de revanche d’avoir été chassés des colonies par les fellaghas.
Pourtant, la question de l’Islam en France aujourd’hui est le pur produit de la politique impérialiste et colonialiste d’hier de la France. Là aussi, on ne récolte que ce que l’on a semé.
Si les colons français n’avaient jamais colonisé des pays entiers en opprimant, massacrant, exploitant, volant les peuples, il est certain que la question de l’Islam et des Musulmans se poserait tout à fait différemment aujourd’hui.
La question, qui n’est pas mineure, de la Grande Mosquée de Paris (GMP), que beaucoup ont voulu montrer en exemple et surtout en faire le leadership de « l’Islam de France », est bien analysée. L’origine vient d’Allemagne où, pendant la Grande Guerre de 1914-1918, les Allemands dans un effort de propagande vis-à-vis des colonisés de leur propre Empire, firent construire une Mosquée dans le camp de prisonniers de Zossen, où étaient emprisonnés des soldats musulmans de l’Armée française. Pour ne pas être en reste vis-à-vis des Empires Allemand et Anglais, le gouvernement français lança ce projet à la fin du conflit.
La GMP va percevoir en 1922 un terrain de 7 000 m² de la Ville-de-Paris, et attribuant l’équivalent de plusieurs subventions de millions de Francs et l’Algérie, le Maroc, la Tunisie (sous leurs formes coloniales de l’époque) sont priés de passer à la caisse aussi pour la financer. Enfin, les Musulmans sont sollicités pour faire des offrandes nombreuses et souvent.
À partir de la nomination d’Hamza Boubakeur, par Guy Mollet, à la tête de la GMP, elle va devenir « la pièce maîtresse d’un dispositif de l’œuvre coloniale française et servir de contrepoint au développement du Mouvement National Algérien ». En 1967, les trois pays du Maghreb font un recours ensemble, qui n’aboutira pas, pour contester cette nomination.
Gérald Darmanin va tenter de mettre à sa botte les différentes structures musulmanes par l’obligation de la signature de la Charte des principes pour l’Islam de France, mais plusieurs d‘entre elles refuseront, ce qui ajoutera de la confusion au désordre. Elles subiront une forte répression et seront éjectées de toute procédure de consultation. Avec cette fadaise « d’Islam républicain » et ses méthodes de barbouzes (chantage, corruption, répression), on est décidément bien loin de la Séparation des Religions et de l’État et du Libre exercice du culte comme la définit la loi du 9 décembre 1905. Quand l’État se mêle d’organiser les religions, ce n’est jamais bien propre.
Il s’agit bien, comme l’analyse Franck Frégosi, de la tentative de bâtir « une bureaucratie du culte » qui s’accompagne toujours d’une « police du culte » par le biais, notamment des dissolutions et de tout l’arsenal répressif de la loi « Séparatisme ». L’auteur s’interroge très justement : « l’Imam, vigie de la République ou gendarme des Musulmans ? ». Le pouvoir utilise aussi largement l’argument du financement de l’étranger, qui ne se monte pourtant qu’à 20% dans le financement de l’Islam en France, selon le Rapport parlementaire déjà cité, ce qui veut dire que ce sont les Musulmans en France qui financent plus des trois-quarts des dépenses. Ajoutons que cette phobie de « l’argent étranger » ne s’applique jamais quand il s’agit du Vatican ou des Églises évangéliques, par exemple.
Et puis « l’Islam républicain » me fait toujours penser à ce que me disait mon père quand il essayait d‘expliquer quelque chose de compliqué : « Cela doit être encore un coup des bonnes-sœurs-communistes », ce qui nous faisait toujours bien rire. On arrive par-là à une question aussi essentielle : que doit-on demander à l’Islam ? L’Islam ne peut être que l’Islam, et cela suffira à son bonheur, tout le reste est une tartufferie et un appeau pour la chasse aux canards.
On n’a jamais rien demandé à l’Église catholique, on a fait la loi de 1905, il suffit de la respecter et les choses se feront come pour les autres cultes.
Ajoutons aussi une bonne dose de mépris pour propager l’aphorisme, souvent de manière hypocrite, mais pourtant bien réelle : « Islam-Islamisme = Terrorisme ». Des « islamologues auto-désignés » et quelque peu nauséabonds comme Mohamed Sifaoui, défendent la théorie, complaisamment reprise par les médias-mainstream, de la « Taqiyya » (la dissimulation) dont ferait preuve les « islamistes ». Ils auront beau dire, nier et dénoncer les attentats terroristes, le concept précède la preuve : ils mentent et ils truquent !
Certains rapports, comme celui de l’Institut Montaigne (1), pourtant si proche du Pouvoir, indique que 46% des Musulmans sont totalement sécularisés, que 26% sont des observants pragmatiques, à la fois pieux et acceptant la laïcité et que 28% ont des « valeurs » autres que celles de la République, ce qui en démocratie est parfaitement leur droit. On ne peut admettre la Liberté de conscience et exiger que tout le monde pense pareil ou soit adepte de l’idéologie d’État définie par la loi « Séparatisme ». La République, la vraie, a toujours eu la grandeur d’accepter ceux et celles qui ne la reconnaissent pas, sinon il faudrait interdire les Royalistes qui, par définition, ne peuvent se reconnaître dans les valeurs de la République.
Islamophobie ou racisme antimusulmans ?
Terminons cette recension en débattant sur une formulation, non absente de l’ouvrage de Franck Frégosi, celle de l’Islamophobie. La Libre Pensée réfute ce terme d’« islamophobie » comme étant un piège et refuse de l’utiliser et de le cautionner d’une quelconque manière. L’Islam est une religion, donc une conception philosophique et métaphysique du monde, ce qui est critiquable en soi. Mais il ne peut y avoir de racisme contre une conception philosophique ou métaphysique (il suffirait d’en changer ou de devenir apostat pour ne plus subir le racisme ? C’est une plaisanterie), mais il y a bien une véritable haine contre celles et ceux qui s‘y reconnaissent et la pratiquent, notamment les Arabes et les Africains. C’est pourquoi, la Libre Pensée utilise le terme de « racisme antimusulmans » qui, lui, malheureusement existe bien et on en voit les effets réactionnaires, désastreux, meurtriers tous les jours.
Parler « d’Islamophobie », même pour le combattre, c’est cautionner de fait, et à l’envers, une religion. Et cela est inacceptable pour la Libre Pensée et les Libres Penseurs. Rappelons notre position de toujours : nous ne devons aucun respect pour les croyances et les religions que nous considérons comme la survivance organisée des vieilles superstitions. Nous ne respectons pas les croyances, mais nous respectons les croyants, lesquels doivent avoir toute la liberté de pratiquer leur culte, comme ils l’entendent, et contre lesquels aucune discrimination n’est acceptable, discrimination qui doit être combattue avec la dernière force et la plus grande vigueur.
C’est la ruse et la malice des Cléricaux de tous genres que de mélanger Croyances et Croyants, conception métaphysique et individus la partageant. C’est ce qu’indique la Constitution de la très réactionnaire Ve République qui « respecte toutes les croyances » et non pas tous les croyants. Les réactionnaires cléricaux (pléonasme) en font un bloc indissociable, en prenant l’un (les Croyants), vous êtes obligés de prendre le Tout (la Croyance), c’est une atteinte intolérable à la liberté de conscience de chacun. On vous force à respecter ce que vous considérez comme non respectable : la Superstition issue du fond du Moyen-Âge.
La fière devise de la Libre Pensée, faite journal au XIXe siècle, a toujours été : la Tolérance s’inscrit dans la sphère des faits et non dans celle des idées.
L’ouvrage de Franck Frégosi est remarquable par sa précision et un formidable outil pour comprendre et, comme on ne pense jamais pour rien, pour agir aussi. Je ne saurais que vous le recommander à lire et à découvrir.
Gouverner l’Islam en France de Franck Frégosi – Éditions du Seuil – 380 pages – 23€
Note :
1- L’Institut Montaigne est un think-tank français qui défend une vision libérale. Créé en 2000 par l’homme d’affaires Claude Bébéar, il est financé par plusieurs grandes entreprises. Dans « Les principaux think-tanks français », Geoffrey Geuens, spécialiste des relations entre information, pouvoir et société, présente l’Institut Montaigne comme « une boîte à idées néolibérale singulièrement proche des milieux économiques français » (en 2009). L’Institut est réputé soutenir « des positions proches de celles du Medef » selon France Info en 2017, et réputé proche de la droite selon Libération la même année. Libération ajoute que le directeur de l’Institut (2011-2022) Laurent Bigorgne a été choisi par le fondateur de l’Institut Montaigne, Claude Bébéar, PDG d’AXA, et « figure tutélaire du patronat français ».
(Source : Wikipédia)
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